Mons s’offre Daniel Libeskind
Le créateur américain va participer au renouveau de Mons. Libeskind est chargé de construire le centre de conférence qui fera écho à la « gare-passerelle » de Calatrava. Joli coup et outil utile pour la future capitale européenne de la culture.
Le créateur américain va participer au renouveau de Mons. Libeskind est chargé de construire le centre de conférence qui fera écho à la « gare-passerelle » de Calatrava. Joli coup et outil utile pour la future capitale européenne de la culture.
qui Daniel Libeskind (ici dans son Musée juif de Berlin) a défendu son projet en personne devant le jury de Mons Il devrait en présenter les contours dès septembre © afp
A l’hôtel de ville de Mons, c’est motus et bouche cousue jusqu’en septembre. Mais le « no comment » officiel n’est pas un démenti à l’information qui a commencé à se répandre : le grand architecte américain Daniel Libeskind est sorti vainqueur de l’appel à projets lancé en 2009 en vue de la construction d’un centre de congrès de plus de 6.000 m2, près de la gare.
L’architecte du rêve et de la liberté
Daniel Libeskind n’aime pas l’esbroufe ni les objets monolithiques. L’architecte du Musée de la Shoah à Berlin ou des nouveaux Jardins du monde du World Trade Center de New York, a de l’âme et du cœur. Son œuvre parle de liberté, de beauté, d’optimisme, d’humanité. Derrière l’horizon urbain, il va chercher de la sensibilité, du rêve, de l’utopie. Personne ne lui dicte ses plans, c’est un esprit ouvert.
Daniel Libeskind joue de l’architecture comme d’un meccano de la démocratie. C’est un bâtisseur citoyen. A Hong Kong, Milan, Séoul, San Francisco, Singapour, New York ou Berlin, son talent ne se mesure pas à la hauteur des tours qu’il construit mais à leur dimension symbolique. A coup sûr, Mons ne s’est pas trompée d’architecte et devrait être la première ville belge à bénéficier de la vitalité de son regard.
A voir: www.daniel-libeskind.com
L’inauguration est prévue en 2014, pour cet outil qui fait défaut à Mons, ville universitaire mais aussi centre culturel et économique en plein renouveau. La ville aura alors le nez sur le millésime 2015 qui la verra assurer son rôle de capitale européenne de la culture. Le centre de congrès sera un atout considérable.
Pour donner un visage neuf à ses contours, la Ville n’a pas eu peur de faire appel aux plus grands noms de l’architecture. Il y a une dizaine d’années, le Français Jean Nouvel avait redonné vie à un vieux charbonnage de Frameries pour le transformer en parc d’aventures scientifiques. L’Espagnol Santiago Calatrava, père des Guillemins liégeois, a été chargé d’imaginer une nouvelle gare qui, elle, risque bien de ne pas être achevée à l’échéance 2015. Daniel Libeskind, enfin, aura la lourde tâche de concevoir le bâtiment qui fera écho à la « gare-passerelle » de Calatrava, de l’autre côté des voies de chemin de fer.
Financé à 90 % par les Fonds européens et la Région wallonne, ce projet mobilisera 32 millions d’euros, y compris le rachat des terrains à la SNCB. Il devrait notamment abriter plusieurs amphithéâtres ultramodernes.
Un ensemble cohérent
La combinaison des noms de Calatrava et de Libeskind ne sera pas une première. « Les deux architectes œuvrent déjà ensemble au réaménagement de Ground Zero à New York », confie Raphael Legendre de CIT Blaton, l’entreprise bruxelloise associée à Libeskind pour le projet montois. Santiago Calatrava a réalisé la nouvelle gare de Ground Zero à Manhattan tandis que Libeskind est chargé du réaménagement complet des vestiges des tours jumelles où il compte installer un mémorial et un vaste projet immobilier. Les deux hommes se connaissent et aiment travailler ensemble. L’arrivée de Libeskind à Mons n’est d’ailleurs pas étrangère à la présence de Calatrava. « Le palais des congrès composera un ensemble cohérent avec la nouvelle gare, dit Raphaël Legendre. On reconnaîtra évidemment l’architecture de Libeskind, même si elle sera plus arrondie qu’à son habitude. »
Longtemps prévu le long des boulevards, sur l’ancien site des douanes, le centre des congrès verra finalement le jour dans l’espace vierge d’une dizaine d’hectares qui sépare les installations de la SNCB et la zone des Grands Prés et ses commerces, cinémas, hall des expos et entreprises « high-tech » du parc Initialis. Un hôtel quatre étoiles et un éco-quartier de plus de 200 logements (atelier Matador) seront construits à proximité de l’« œuvre » de Libeskind. De quoi donner son visage définitif à la plaine longtemps désertique de la Haine, entre la ville et l’autoroute. L’université de Mons pensa longtemps y construire son campus, avant de renoncer. Depuis vingt ans, l’idée d’une « ville nouvelle » a fait son chemin. Avec habitants, touristes et congressistes, « Mons 2 » n’en sera plus loin.
Source:lesoir.be
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